Brèves de trottoir

I still believe in miracles. "-Est-ce qu'il vous est arrivé personnellement beaucoup d'événements merveilleux ? -Mais oui, je suis comme tout le monde, ça n'arrête pas" (Les incertitudes du langage)

28 avril 2009

Il avait une gourde en plastique, en plus.

Oué vazy connard, et les vélos !

lance un cycliste d'environ 130 kilos de muscle à une automobiliste de moins d'un mètre cinquante recroquevillée dans sa Clio pont Alexandre III.

Les cyclistes, c'est plus ce que c'était. Fut un temps, un cycliste, c'était un homme à la David Abiker, avec de belles lunettes carrées, un pantalon à pinces et des chaussures vernies, si possible légèrement en pointe. C'était quelqu'un qui faisait les accords au féminin (il aurait dit connasse, et oh la la ou Enfin, un peu de respect ! en début de phrase).

Bientôt, le 4x4 détrônera le vélib', et les métrosexuels parisiens paraderont sans plus jamais salir leurs souliers.

Posté par ptitpoual à 21:05 - Ruelles et boulevards - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

hier (29/04/2009) dans le métro

Camille bonjour,
et rien sur le joli spectacle des parisiennes à vélo ?

Posté par Cécile, 29 avril 2009 à 19:09

donc ... hier dans le métro

Je vous rencontre donc hier sur le blog de L-R puis sors dans Paris.

déferlement d'aventures, allant finalement du fortissimo au pianissimo

Dans le métro (n°1)

Station Muchel-Ange Molitor, un garçon est absorbé dans un livre et s'agite à deux sièges du mien. Grande fébrilité : battements de pieds, claquements de mains, secousses de tête et agitations de bras ; il marmonne, vaticine, chante. (Je le catalogue tout d'abord comme comédien ou chanteur quand une petite voix intérieure me murmure : celui-ci est pour toi ... Par là, je veux dire, que c'est imminent, l'étrangeté des rapports humains va faire irruption dans le wagon)

Le garçon me coule subitement un regard en biais et torve - un sourire inquiétant. Je l'ignore mais aiemrais malgré tout discerner le titre de l'ouvrage qui le met ainsi en transe.
Entrent un groupe d 'hommes bruyants et insupportables. Je ne le vois plus.

Station Francklin Roosevelt :
Le garçon se lève brutalement, fait claquer son strapontin, saute sur ses pieds et bien droit (littéralement) dans ses bottes. Il sort de la voiture raide comme un robot, le regard fixe. Une marche militaire ?

je le dépasse et l'oublie quand je sens un homme qui calque le rythme de sa marche sur le mien.
C'est bien lui cheminant à mes côtés ...

- Avec enjouement et enjôlement (sa voix marque des inflexions qui me laisse perplexe) : " ... Tout va biEN pour VOUS, MAdeMOIselle ? ... parce QUE ... vous ne vous en renDEZ pas compte MAIS JE oui, JE vous trouve très joLIE. Je vous aborde car il m'a semblé vous avoir IMpressionné dans le métro."
- Cécile : "non, non pas impressionnée du tout. je me demandais juste ce que vous lisiez"
Air hagard et soupçonneux - ton hystérique - il cache son livre mais trop lentement : "leçons de guitare électrique" : "Je ne lis RIEN. non, RI-EN. je suis une éponge à EMOTIONS, MOUA, A EMOTIONS - oui c'est que nous sommes ...
(ce passage du JE au nOUS me perturbe)

Il enchaîne en accélérant son débit : "Insupportables ces types dans le métro. TOUS ces types. ces odeurs de kebab. les téléphones. Ils rient, se PERmettent de rire alors que c'est la CRIiiIse !! c'est in-DE-cent. Nous ne sommes pas des gothiques, nous ; nous ne sommes pas des racistes. NOOOooon nous sommes des artistes"
Il lève les bras au plafond : "DES ARTISTES !!"
Il rugit : "NOUS SOMMES LES GRANDS CAPTURATEURS (sic) DE L'ESTHETIQUE DE LA NUIT !!! " (et ce trois fois au cas où je n'aurais pas entendu, j'imagine ...)
puis soudainement se calme et très affable : "Sur ce, mademoiselle, je vous souhaite de passer une excellente soirée. Je ne puis m'attarder. Vous comprenez, je suis pressé.".

Exténuée, je murmure un faible : "d'accord ..."

Posté par Cécile, 29 avril 2009 à 19:34

hier dans le métro (suite et fin)

Métro n°2 (tic-tac, le temps) :
Entre Francklin Rossevelt : un homme noir au physique cabossé - des moustaches ml peignées - un oeil mort.
Il se plante devant moi et répète sans fin "j'avais tout mon temps, comprenez-vous ... j'avais tout mon temps, comprenez-vous ... j'avais tout mon temps, comprenez-vous ... j'avais tout mon temps, comprenez-vous ..."
A Saint Paul, il sort en bousculant les pssagers "mais pousez-vous, poussez-vous ; je n'ai plus le temps, je n'ai plus le temps, je n'ai plus le temps !!
(Alice : revoici ton lapin ?)

Métro n° 3 (aventure féline) :
Station bastille.
Un homme s'avance. Il parle. Il me jete au visage "LA BEAUTE-EUH DU TIGRE grrrrrrôôôôôââââ" et agite sous mon nez un poing menaçant. redoutant de me le prendre en plaine gueule, je me carapate à pas légers et menus mais efficaces.
(la beauté avec un E à la fin ...)

métro n°4 (moment plus doux) :
Je m'assois à côté d'un homme le nez dans un journal. Je ne peux m'empêcher de lire avec lui. Il se rapproche de manière à ce que nous soyons épaule contre épaule et place le journal, ans ue je lui demande rien, entre nous.
Je ris de surprise.
mais je dois descendre, je m'esquive. Il me lance : "... quel dommage ... vous partez déjà ... j'aurais tant aimé lire un peu avec vous".

Posté par Cécile, 29 avril 2009 à 19:49

L'histoire du capturateur m'a bien fait rire ! (il y a des choses qui ne s'inventent pas)

Posté par Camille, 29 avril 2009 à 22:30

A bichycletteuh ... et grèves de 95.

Oui ... Impossible d'inventer (même si l'on est doté d'une imagination fertile et débridée histoire semblable)
Camille, si vous faitrs revivre ce blog, je vous glisserai quelques histoires de ci, de là.
Il m'est aisée de les retrouver. Je les consignais, il fut un temps, lorsque je tenais activement un journal intime (truffé de réflexions, souvenirs, actualités et évènements surréalistes).

Pour ce qui est des vélocipédistes parisiens, je vous suis ... Je ne circule pas à vélo (trop peu sprotive et très étourdie : si je me sens bien, je ne fais attention à rien, je me laisse griser par la vitese, je siffle (avec Paulette), ou chante , ou rêve et ne voit aucun plus croisements, panneaux ni feux rouge.
Je connais des garçons (qui pédalent assidument et très bien) qui m'ont dit que la période de grâce qui a caractérisé le tout début du vélib' à Paris était maintenant révolue. Motards et automobilistes très agressifs, insultants, irrespectueux et dangereux à l'égard de ces gens qui se faufilent partout. les cyclistes sont donc contraints de se défendre : d'où la scène à laquelle vous avez assistée.

* Une histoire d'automobiliste agressive (que l'on m'a rapportée) :
Il était une fois les grèves de 1995 ... Transports parisiens paralysés. Métro désert. Embouteillages monstres durant des jours sur tout axe. Dans sa voiture, un homme ne contrôle plus ses nerfs et se met à actionner sans relâche son klaxon. Un autre lui enjoint de se calmer... tente de l'apaiser ... Une femme, assez belle, B-C-B-G, en tailleur, escarpins et remarquable chevelure bouffante sort de son véhicule et bondit sur de la voiture du modérateur. A quatre pattes, elle arrache rageusement les essuie-glaces, crache sur le pare-brise, tambourine dessus et hurle : "Mais connard, ouvre les yeux !! tu n'as rien compris !! Tu n'as rien compris !! Il n'y a plus de règles !! c'est TRE-MI-NE !! Oublie le passé !! Maintenant, c'est la LOI DE LA JUNGLE ! "
... Elle descend, replace une mèche rebelle et part s'enfermer dans sa voiture, rassérénée mais avec aux lèvres un petit sourire satisfait et carnassier.

Posté par Cécile, 30 avril 2009 à 18:14

oups !

Oups ...
> bondit sur le capot de la voiture du modérateur

Posté par Cécile, 30 avril 2009 à 18:15

Actualité artistique et questions fondamentales de premier mai

Bonjour Camille, comment allez-vous bien ?

avez-vous pris connaissance de ceci ?http://www.artclair.com/site/archives/e-docs/00/00/FE/80/document_article.php
Le défilé du premier mai fut, en un instant décalé, placé sous le signe de Van Gogh, peintre qui ne vendit rien de son vivant et suicidé de la société.

Une amie accompagnée de copains, croisée dans la foule, par hasard.
L'une d'entre elle se présente comme suit: "H., plasticienne, je vis à Auvers sur Oise."
Les autres, galvanisés, se mettent à scander : "Van Gogh avec nous ! Van Gogh avec nous ! Van Gogh avec nous !"

Puis l'un d'entre eux (avec qui je n'avais jamais devisé de ma vie) me pose gravement cette ô combien pertinente question : "je suis ennuyé ... On nous dit toujours que Van Gogh s'est mutilé mais qu'est devenue son oreille ? et à quoi ressemble-telle maintenant ? Tu le sais toi ? "

l'article ci-dessus laisse entendre qu'il faudrait remonter à une certaine Rachel. Celle-ci aurait-elle transmis la relique à ses descendants ?

Posté par Cécile, 06 mai 2009 à 17:52

"Que voulez-vous, tout se perd."

Remède à la crise de la langue et du style : se replonger dans Achille Talon. Hop !

Posté par Laurent, 07 mai 2009 à 10:50

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